Strasbourg – PSG 0-1 ap, 07/03/93, Coupe de France 92-93

George Weah, qui délivrera les siens en prolongations

Dimanche 07.03.1993, Coupe de France, 1/32 de finale à Strasbourg, au Stade de la Meinau :
R.C. STRASBOURG – PARIS SAINT-GERMAIN F.C.  0:1  après prolongations (0:0, 0:0)
– 10 460 spectateurs. But : George Weah, 118′.
L’Équipe du PSG : Bernard Lama – Jean-Luc Sassus, Ricardo Gomes, Alain Roche, Patrick Colleter – Laurent Fournier (Francis Llacer, 94′), Paul Le Guen, Vincent Guérin, Valdo Filho – George Weah (Daniel Bravo, 120′), David Ginola. Entraîneur : Artur Jorge.
Avertissements à Vincent Guérin, Ricardo Gomes, Jean-Luc Sassus et Valdo Filho.


Maillot utilisé (en version à manches longues, avec un col différent) :

Maillot Coupe de France domicile 1992-93 (collection MaillotsPSG)
Maillot Coupe de France domicile 1992-93 (collection MaillotsPSG)

Photos du match :

Vincent Guérin balle au pied (Ch. Gavelle)
Vincent Guérin balle au pied (Ch. Gavelle)
George Weah, qui délivrera les siens en prolongations
George Weah, qui délivrera les siens en prolongations
David Ginola taclé par Baills
David Ginola taclé par Baills
George Weah échappe à Pouliquen
George Weah échappe à Pouliquen
Le buteur à terre, félicité par David Ginola, Patrick Colleter et Paul Le Guen
Le buteur à terre, félicité par David Ginola, Patrick Colleter et Paul Le Guen

Compte-rendu (France Football) :

Un petit ballon d’Alsace

Paris venait panser ses plaies d’Espagne. Strasbourg disputait une rencontre à domicile initialement programmée à l’extérieur… Un petit ballon d’Alsace, au comptoir, et Paris-SG, ragaillardi, a regagné ses pénates. Enfin victorieux.

Professionalisme oblige, les Strasbourgeois étaient tous, évidemment, rivés devant leur petit écran mardi dernier. Plus ou moins exaltés, goguenards, ou l’âme franchouillarde. Voire carrément parisiens, assimilés saint-germanois, l’espace d’une balade mythique via les ondes hertziennes dans le ventre madrilène. Réminiscences européennes pour les uns, découverte d’une légende pour les autres, ou rappel nostalgique d’une semblable sensation, tous y ont pioché leur parcelle, intime, de rêve. Outre Gilbert Gress, qui s’était frotté il y a quelques saisons avec Neuchâtel Xamax à ce même Real Madrid, il est un de ses p’tits gars, Alsacien d’adoption, qui ce soir-là s’est senti curieusement vibrer d’un intenable mal du pays.

Cheveux de jais et yeux de Chimène, José Cobos, latéral racingman et international A’, s’est en effet payé mardi dernier un somptueux voyage en ballon, dans le soufre de Santiago Bernabeu. « Attention, moi je suis originaire du Sud. Le vrai, à quelques mètres seulement du Maroc… Ma ville, où réside encore une grande partie de ma famille, s’appelle Ceuta. Mais, enfin, Madrid c’est l’Espagne. Et quel public, quels joueurs ! Tenez, moi c’est bien simple, le deuxième but de Madrid, je suis à la place de Butragueno, cet amorti de la poitrine je ne le tente même pas ! Je frappe de la tête, la balle rentre ou ne rentre pas. Non, El Buitre reste un joueur formidable, et ses camarades avec. »

Valence, le grand Sochaux

A quelques amis qui souhaitaient goûter ses prédispositions à servir le pronostic, fiable de préférence, José s’était même risqué à jouer les augures. « La veille, j’ai déclaré que Madrid l’emporterait 3-1. Je ne me suis pas trompé, hélas pour Paris. » Néanmoins, plus que ces pittoresques anecdotes, José Cobos, le temps d’une corrida concoctée par l’UEFA, s’est essayé au retour aux sources. Paris. jouait, et
lui, ceint d’une tunique blanche, hissait haut les couleurs de la Castille ou d’ailleurs. De l’Espagne, toutefois, de préférence. Surtout de l’Espagne, en vérité.

Il est vrai que l’information date quelque peu, à peine réchauffée lorsque Cobos dut choisir définitivement, le temps d’une escale à Dakar, entre le maillot tricolore et celui, grenat, de ses ancêtres. Il n’empêche que l’on avait sourit à l’époque devant ce choix prétendument cornélien. Cobos, convoité par quelques clubs ibériques ? Allons donc ! Certes, le jeune défenseur alsacien est doué, mais quant à prétendre à la convoitise de grandes équipes de Liga, il n’y avait qu’un pas que seuls quelques managers expérimentés dans l’art de l’intox auraient franchi… « Faux. Je suis actuellement en contact avec plusieurs formations. Une de Madrid, je ne vous dirai pas laquelle, mais aussi Valence, qui joue d’après moi comme le Sochaux de la grande époque. Séville également, même si je n’ai plus de nouvelles… Quoi qu’il en soit, je me dois de réfléchir. A l’issue de mon premier contrat pro, où je n’ai pas été payé à ma juste valeur, l’avenir sera déterminant. »

Quant à Paris, où la rumeur le titularise d’office la saison prochaine, José feint l’ignorance : « Il n’y a pas eu de relations directes. Je suis néanmoins au courant de ce que l’on raconte. Paris ? Pourquoi pas ?… »

Pourquoi pas ? en effet. D’autant que les dirigeants dudit club ne sont pas restés de marbre, dimanche dernier, devant la performance épatante du latéral strasbourgeois. « Je ne veux pas y penser. D’abord, il y a ce match de Coupe de France face à eux. Ils nous ont mis 4-0 chez nous en Championnat, on est allé faire match nul là-bas. Cette rencontre de Coupe, c’est la belle. Et Strasbourg tient absolument à la remporter… »

Paris romantique

C’était quelques minutes avant cette fameuse confrontation, troisième du nom cette saison, labellisée dimanche dernier 32e de finale de la Coupe de France. Aux certitudes du bouillant Alsacien, les Parisiens, prudents et échaudés, répondaient par le silence, éludant les questions qui ne manquaient pas de fleurir çà et là. Guérin : « A-t-on libéré nos esprits de cette défaite européenne ? J’ose l’espérer. A-t-on bien fait de venir jouer ce match de Coupe à Strasbourg alors qu’il aurait dû l’être à Nancy ? Je n’en sais rien. Pas encore… »

Aux affirmations seigneurales de Michel Denisot, fier d’un geste que du coup plus personne ne qualifiait de mesquin, mais plutôt d’inconscient, ce même Vincent Guérin, concentré, ne voulait répondre. Pas plus qu’Artur Jorge d’ailleurs, figé, les yeux mi-clos, dans une impénétrable froideur : « Comment voulez-vous que je sache si mes joueurs sont marqués moralement par cet échec à Madrid ! Ce sera le véritable enseign-ment de la soirée. J’attends donc le coup de sifflet final… »

Arthur attendra longtemps, et les quelque 10 000 personnes réunies à la Meinau avec. Trente minutes de plus exactement. Le tarif habituel qu’engendre la prolongation, décisive, pour que les deux équipes se quittent enfin, sous l’oeil métallique des caméras de télévision.

Trente minutes de rab pour que l’on apprenne que ces petits « Parigots » avaient relevé la tête, et réaiguisé leurs ergots. Certes leur première mi-temps fut de bonne facture, ponctuée de nombreuses occasions, certes Ginola, auréolé d’une performance européenne enfin consistante, voltigeait sur les ailes. Mais la finition, une fois de plus, veuve d’un George Weah fantomatique, claudiquait inlassablement. Paris domine, Paris construit – ou tente plus exactement de le faire – mais Paris piétine…

Alors, même si la libération intervint à la 118e minute – après une seconde mi-temps alsacienne au vu de l’esprit d’entreprise des locaux – par la tête téléguidée d’un Weah opportuniste, Jorge, les yeux mi-clos toujours, ne sombrait pas, doux euphémisme, dans la satisfaction. « Cet après-midi, Paris devait gagner 3-2. Perdre aurait pratiquement été absurde. Malgré cette courte qualification, je prétends toujours que Paris reste l’équipe la plus romantique qui soit… Enfin, globalement, on a réagi. »

Face aux impondérables, et face à eux-mêmes. Jorge, toujours : « A Metz, on perd à cause de nous et des arbitres. A Madrid, pareil. Ici, en dépit de tout ça, on gagne quand même… » A ses côtés, Michel Denisot, souriant, confirme : « Cet après-midi, le 0-0 du temps réglementaire était un excellent 0-0 ! On gagne et je me dis que, sur le plan cardiaque, la semaine a été complètement folle. Certes Madrid n’est pas sorti de nos têtes, mais les joueurs ont d’ores et déjà une envie féroce d’en découdre au match retour ! »

2-0 face à Madrid

Mieux, José Cobos, nullement revanchard, conjuguait dimanche dernier l’espoir parisien par le biais d’une nouvelle illumination, qu’il souhaite sincèrement réalisable : « Paris gagnera 2-0 face à Madrid au match retour. J’en suis sûr. Devant nous ils ont été nettement plus efficaces, même si l’occasion ratée d’Ali Bouafia (89′) a été le tournant du match… Malgré cette défaite, on a vécu, et le public aussi j’espère, une belle soirée de Coupe. » Franck Lebœuf, de même, aussi détendu : « Tout le monde s’est régalé ce soir. C’était très fair-play. De notre côté, on va enfouir cette défaite pour ne-plus y penser. »

Lama, la casquette vissée, déambulait dans son vestiaire, clamant son envie, « dans la dernière ligne droite », « de gagner enfin quelque chose », Ginola roulait des biscotos, « désireux de tirer un trait sur le passé », quand Alain Roche n’osait penser aux conséquences, après Metz et Madrid, « d’une troisième défaite de suite, beaucoup trop dure pour le moral. »

En bref, qualifié pour les 16èmes de la Coupe de France, Paris poursuit sa, route et imagine même, avec humour, «jouer tous ses match à domicile à la Meinau » (Denisot)

Il en est un, pensionnaire habituel de cette enceinte, pour qui voir de ses yeux son cher Madrid à Strasbourg tiendrait du rêve le plus fou.


Le stade :

Le stade de la Meinau
Le stade de la Meinau

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s