PSG – Marseille 1-1 (7-6 tab), 10/02/02, Coupe de France 01-02

Débordement de Ronaldinho

Dimanche 10.02.2002, Coupe de France, 1/8 de finale
à Paris, au Parc des Princes :
PARIS ST-GERMAIN F.C. – OLYMPIQUE DE MARSEILLE  1:1 après prolongations (0:0, 1:1)
7 tirs au but à 6 pour le Paris Saint-Germain FC

– 40 000 spectateurs environ. Buts : Van Buyten, 68′, Gabriel Heinze, 86′.
L’Équipe du PSG : Jérôme Alonzo – Talal El-Karkouri, Frédéric Déhu, Gabriel Heinze, Didier Domi (Alex Dias, 75′) – Francis Llacer (José Aloísio, 46′), Hugo Leal, Édouard Cissé (Lionel Potillon, 63′) – Fabrice Fiorèse, Jérôme Leroy – Ronaldinho Gaùcho. Entraîneur : Luis Fernandez.
Avertissements à Jérôme Alonzo, Frédéric Déhu, Talal El-Karkouri, Gabriel Heinze et Hugo Leal.


Maillot utilisé :

Maillot domicile Coupe de France 1998-2002 (collection MaillotsPSG)
Maillot domicile Coupe de France 1998-2002 (collection MaillotsPSG)

Billet :

0102_PSG_OM_CdF_billet


Photos :

Ronaldinho entre deux phocéens (Ch. Gavelle)
Ronaldinho entre deux phocéens (Ch. Gavelle)
Gabriel Heinze (Ch. Gavelle)
Gabriel Heinze (Ch. Gavelle)
Tacle du même Heinze
Tacle du même Heinze
Débordement de Ronaldinho
Débordement de Ronaldinho
Un tir au but masreillais arrêté par Jérôme Alonzo (Ch. Gavelle)
Un tir au but masreillais arrêté par Jérôme Alonzo (Ch. Gavelle)
La tension est à son comble... (P. Lablatinière)
La tension est à son comble… (P. Lablatinière)
Le héros félicité (Ch. Gavelle)
Le héros félicité (Ch. Gavelle)
Le Virage Auteuil (Mouvement Ultra)
Le Virage Auteuil (Mouvement Ultra)
Le Kop de Boulogne
Le Kop de Boulogne

Vidéo :


Compte-rendu (psg.fr) :

Une statue pour Alonzo !

Alonzo a bloqué un long moment cette balle contre lui, juste après que Van Buyten l’a lui ait envoyée dans le ventre. Au terme d’une rencontre haletante et à l’issue des tirs au but, Paris s’est ouvert la route des quarts de finale, privant Marseille de tout espoir de retrouver l’Europe la saison prochaine. Bernard Tapie qui n’avait jamais perdu au Parc vient d’ouvrir son crédit. Il peut en vouloir à Alonzo.

Aux alentours de 23h30, le Parc des Princes avait des allures de garden-party. Sur la pelouse, aux côtés des héros parisiens, chacun a quêté son accolade, sa bise, sa tape sur l’épaule. Mais de tous, celui que joueurs et dirigeants voulaient toucher, c’est Jérôme Alonzo. Héroïque comme lors de la séance des tirs au but en coupe de la Ligue face à Nancy, le gardien parisien a été exceptionnel tout au long de la rencontre. Lui,  » l’intérimaire « , dont la simplicité ne lui a jamais fait dire un mot plus haut que l’autre, et qui respire la joie de vivre au milieu d’un groupe sain. Car ce sont ces hommes-là que Luis Fernandez apprécie. A l’image de ce qu’il était lorsqu’il bataillait sur les pelouses. Alors c’est sûr, si depuis un mois l’on devait faire une photographie de l’équipe, on ne s’y tromperait pas : ce PSG est bien son enfant.

Une équipe avec un cœur gros comme ça, qui se concentre avant la prolongation comme le font les volleyeurs ou les basketteurs, en se serrant les uns contre les autres, pour mieux exhiber cette envie qui les anime. Et que l’on ne s’y trompe pas, cette équipe est taillée pour vaincre dans la douleur. On dit toujours que c’est au pied du mur que l’on reconnaît les hommes, il n’y a donc plus de doute à avoir.
Reconnaissons aussi que ces Marseillais, par le génie d’Andre Luiz notamment, ont pu repousser l’échéance jusqu’à atteindre des sommets dans le suspens. Et souvenons-nous aussi que cette entame de match leur a été plutôt favorable, et que sans le talent d’un Alonzo des grands soirs, rien n’aurait été pareil.

Tout commence avec un coup-franc le long de la ligne de touche pour Andre Luiz, le spécialiste maison, et c’est le géant Van Buyten qui vient placer sa tête et obliger Alonzo à accomplir sa première détente de la soirée (4e). Puis c’est Delfim qui cadre un bon ballon rasant à vingt-cinq mètres dont s’empare calmement Alonzo (12e).
Du côté des hommes forts de la Porte de Saint-Cloud, on a quelque peu dupliqué l’entame de match face à Bordeaux. Si l’on excepte un coup-franc de Ronaldinho tranquillement intercepté par Runje (3e), c’est encore le génie Brésilien qui distille un caviar dont il a le secret à Fiorèse. Mais là encore, c’est le gardien adverse qui s’est illustré. Car Runje va sortir par deux fois, des occasions qui ne demandaient qu’à sourire. Une première fois, c’est Fiorèse qui échoue à bout portant après avoir bénéficié d’un ballon idéalement glissé par Ronaldinho entre Van Buyten et Tuzzio (19e). Et dans la minute qui suit, c’est Heinze qui centre au deuxième poteau. Runje sort au-devant de Ronaldhino qui cherche à lui faire le coup du sombrero, mais le ballon file en corner.

Des coup-francs en veux-tu, en voilà !

Après quelques percées orchestrées par Andre Luiz, Marseille n’a plus la même assurance, même si Paris doit se méfier à chaque coup-franc. Comme sur cette tentative du Brésilien prêté par Tenerife, et qui oblige Alonzo à boxer au loin le ballon (38e).
Même si Marseille doit souvent s’en remettre au talent de son gardien, c’est aussi de maladresse ou d’indécision dont font preuve les Parisiens. Comme sur ce centre de Ronaldinho prolongé deux fois de la tête (Domi et Fiorèse) et que Leroy cherche à contrôler au lieu d’ajuster un tir instantané (30e). Dix minutes plus tard, il s’y emploie, mais ça file à gauche des buts de Runje (40e).

Vient alors le premier rebondissement de cette rencontre. En voulant prolonger de la tête un long dégagement aérien, Déhu et Alonzo s’emmêlent les pinceaux. Le portier parisien est contraint de bloquer illégalement Alfonso qui aller filer vers le but vide. Monsieur Sars ne tergiverse pas : penalty ! On joue la minute supplémentaire de jeu dans cette première période, et le tir à ras de terre d’Alfonso est bloqué par Alonzo. Les Parisiens exultent. C’est sûr, Alonzo vient de prendre un ascendant psychologique fort sur les Phocéens.

Reste que Marseille est toujours dangereux sur le moindre coup-franc à la botte d’Andre Luiz. Il ne faut pas non plus oublier que les Sudistes ont éliminé Lens au tour précédent, et que la coupe est le seul raccourci existant pour espérer jouer l’Europe la saison prochaine. Dans un tel contexte, Paris doit chercher à se mettre au plus vite à l’abri. Et il ne manque pas encore grand chose, lorsque Déhu met sur orbite Aloisio, entré en jeu à la mi-temps. L’ancien stéphanois est fauché par Van Buyten à l’entrée de la surface. Le coup-franc axial est idéal pour Ronaldinho. Tous les Marseillais sont dans leur six mètres. La course d’élan est toujours aussi courte, mais la finition un peu trop enlevée (49e).
La rencontre n’a pas baissé en intensité, loin s’en faut. C’est au tour maintenant de Leroy d’amorcer une puissante reprise de volée, consécutive à une longe touche d’El-Karkouri (60e), mais le verdict est toujours sans appel.

Heinze la teigne

Marseille a laissé passer l’orage, et s’en remet comme à chaque fois au coup de patte d’Andre Luiz. Un coup-franc anodin le long du couloir droit, après une faute contestable de Heinze permet au milieu brésilien de s’essayer une énième fois à ce petit exercice. Cette fois, Andre Luiz trouve le crâne de Van Buyten au premier poteau. Alonzo est battu, il règne un silence quasi mortuaire dans l’arène parisienne (67e).

Paris n’a donc plus le choix, il doit jeter les quelques forces qui lui reste dans la bataille. La semaine a été dure, mais l’enjeu est de taille. Comme souvent dans pareille circonstance, les hommes de Luis s’en remettent à leur courage.
Là encore, c’est sur une action anodine qu’à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, la bande à Luis montre ce que c’est d’avoir des  » cojones  » (lisez cou…).
Un long coup-franc d’El-Karkouri le long de l’autre couloir droit trouve le crâne du teigneux Heinze. L’Argentin expulse de toutes ses forces le ballon dans les filets de Runje. Le vaisseau de la porte de Saint-Cloud plonge dans l’hystérie collective (85e). A cinq minutes d’un rêve brisé, les Parisiens ont regagné espoir. Maintenant, il va leur falloir transformer l’essai pendant la prolongation.

Prolongation ou pas, on ne va pas changer ce qui a bien fonctionné. Première action et premier coup-franc marseillais. Andre Luiz envoie cette fois-là, son ballon très fort au-dessus de la transversale (93e).
A un Brésilien répond un autre brésilien. Cette fois, Ronaldinho se déchaîne, multiplie les passements de jambes et sert Alex aux six mètres qui ne peut passer malheureusement passer devant Delfim (101e). On en finit ainsi avec cette première mi-temps de la prolongation.
Si dans chaque camp, la fatigue se fait sentir, il n’en faut pas moins resté concentrer. A ce stade de la rencontre, la moindre erreur se paie chèrement. Et c’est ce qu’à dû sentir Bakayoko qui profite d’un moment d’un peu de flottement dans la défense parisienne, pour placer une accélération qui se termine courageusement en sortie de but (108e). Ronaldinho refait porter l’attention sur lui. Une faute sur Déhu à une vingtaine de mètres légèrement sur la droite peut lui permettre de sceller l’histoire. Mais rien du tout, son ballon prend la direction de la tribune Auteuil (115e), et cette rencontre, celle des tirs au but. Là, le génie de l’ancien handballeur, Jérôme Alonzo va parler. Le gardien parisien arrête trois des huit tirs marseillais, tandis que El-Karkouri clôt cette séance par un septième tir victorieux. Le navire parisien peut alors chavirer de bonheur, son gardien est un héros.

Les réactions :

Luis Fernandez (Entraîneur-Manager du PSG)
 » C’était un match de coupe avec beaucoup d’intensité. Je voudrais féliciter les 22 acteurs qui ont montré beaucoup d’envie dans cette rencontre. Aux tirs au but, il fallait un vainqueur et c’est Paris qui s’en est sorti. Dans un match comme celui-là, il faut provoquer la chance. Mes garçons ont un grand mérite et ont fait preuve d’un mental exceptionnel. Ils n’ont absolument rien lâché. Nous sommes aussi tous contents pour Jérôme (Alonzo). Maintenant, il faut savourer cette qualification et attendre le tirage au sort. Une bonne fois pour toute, je voudrais dire qu’il n’y a plus de  » petits « . Tous s’entraînent quasiment comme des clubs professionnels. Il n’y aura donc pas de match facile au prochain tour…  »

Albert Emon (Entraîneur de Marseille)
 » J’ai assisté à 90 minutes positives de la part de mon équipe. Nous avons juste commis une erreur d’inattention qui nous a coûté l’égalisation. Ce soir, nous avons simplement perdu un match, mais nous avons découvert une équipe. Si nous continuons comme cela, tout ira bien.  »

Frédéric Déhu (Défenseur et capitaine du PSG)
 » La fatigue était générale et nous a empêchés de développer notre jeu comme on le voulait. Mais l’essentiel est acquis, notamment grâce à Jérôme (Alonzo). Je le remercie parce que j’avoue que le penalty est dû en grosse partie à une erreur de ma part, et le match n’aurait sans doute pas été le même si nous l’avions encaissé juste avant la mi-temps. Dans la prolongation, nous avons donné le maximum pour éviter les tirs au but mais cela n’a pas suffi. L’essentiel est que nous soyons encore en course dans les trois compétitions. La fin de saison sera intéressante, car nous avons l’occasion d’enrichir le palmarès du club. Mais pour l’instant, nous avons surtout besoin de repos !  »

Jérôme Alonzo (Gardien de but du PSG)
 » Il faut surtout féliciter les tireurs qui n’étaient pas prévus, parce que ce n’est jamais évident de se présenter pour tenter les sixième, septième (etc) tirs au but. Je voudrais leur tirer un grand coup de chapeau. Pour ces séances, je n’ai aucun truc et même si j’en avais un, je ne vous le donnerais pas. Quand on est gamin, c’est pour ce genre de soirée que l’on veut devenir footballeur. Je suis d’autant plus content que cette coupe de France me tient à cœur. Elle est beaucoup plus belle que la coupe de la Ligue. Alors l’objectif, maintenant, c’est d’aller au stade de France. La grande force de cette équipe est de refuser la défaite. Pour ma part, il me reste les matches contre Lyon et Sedan à ne pas perdre, et l’on pourra dire que j’ai fait mon taf. »

Fabrice Fiorèse (Attaquant du PSG)
 » Nous n’avons jamais lâché le morceau et la victoire, si elle a été acquise dans la douleur, elle n’en est pas moins méritée. Nous faisons vraiment preuve de solidarité. Tout le monde tire dans le même sens et la super ambiance qui règne dans le groupe se ressent sur le terrain… Tout cela paye. Nous pouvons encore jouer sur les trois tableaux avec les deux coupes et le championnat. Beaucoup de joueurs en rêveraient ! Alors moi, je savoure ma chance…  »

André Luiz (Milieu de terrain et capitaine de Marseille)
 » Je suis très déçu d’avoir perdu de cette façon, sur des détails… Je suis triste aussi pour nos supporters. Sur mon penalty raté juste avant la mi-temps, Alonzo a bien joué le coup. J’ai l’habitude d’attendre le plus possible avant d’orienter ma frappe, mais il m’a bluffé en ne bougeant qu’au dernier moment. Il ne nous reste plus qu’à considérer nos neuf derniers matches de championnat comme des rencontres de coupe et de tous les gagner, comme l’a dit Bernard Tapie. Nous voulons accrocher la cinquième place…  »

Lionel Dreksler (Directeur général adjoint du PSG et président de la SESE)
 » Avant toute chose, je tiens à exprimer ma profonde tristesse après le malheureux accident qui est arrivé à un jeune supporter marseillais, ayant sorti sa tête par une trappe du car de supporters dans lequel il se trouvait. Sa tête a violemment heurté un parapet et il a été transporté dans le coma à l’hôpital Ste-Anne. C’est tout le Paris Saint-Germain qui s’associe à la douleur de sa famille et de ses proches. A part ce dramatique accident, il faut déplorer en dehors du stade quelques incidents malheureusement inhérents aux PSG-Marseille (…). Plus d’informations émaneront des services de police. A l’intérieur de l’enceinte, il n’y a pas eu, à ma connaissance, de problèmes notoires, si ce n’est le papier hygiénique (lancé de la Tribune Auteuil avant le match) qui a pris feu. Heureusement, le feu s’est éteint rapidement de lui-même. Un supporter d’Auteuil est également tombé dans la fosse et s’est, semble-t-il, fracturé le bras. Notre vigilance au niveau de la billetterie a sinon porté ses fruits : il n’y a pas eu de problème émanant de supporters marseillais éparpillés dans les tribunes, comme cela s’était passé avec les Turcs pour PSG-Galatasaray.  »


Le stade :

Le Parc des Princes
Le Parc des Princes

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