Rennes – PSG 2-1, 25/10/96, Division 1 96-97

Nicolas Anelka

Vendredi 25.10.1996, Championnat de France, Division 1, 14e journée (1re place)
à Rennes, au Stade de la Route de Lorient :
STADE RENNAIS F.C. – PARIS ST-GERMAIN F.C.  2:1 (0:0)
– 19 500 spectateurs environ. Buts : Guivarc’h, 69′ sur penalty, Guivarc’h, 82′, Patrice Loko, 90′.
L’Équipe du PSG : Bernard Lama – Jimmy Algérino, Alain Roche, Paul Le Guen, Daniel Kenedy (Nicolas Anelka, 46′) – Vincent Guérin, Bruno Ngotty, Benoît Cauet, Léonardo Araújo – Raï Oliveira, Patrice Loko. Entraîneurs : Ricardo Gomes et Joёl Bats.
Avertissement à Daniel Kenedy.


Maillot utilisé :

Maillot extérieur 1996-97 (collection http://maillotspsg.wordpress.com)
Maillot extérieur 1996-97 (collection MaillotsPSG)

Billet :

(collection La Mémoire du PSG)
(collection La Mémoire du PSG)

Programme :

(collection La Mémoire du PSG)
(collection La Mémoire du PSG)

Photos du match :

Les joueurs à leur entrée sur le terrain
Les joueurs à leur entrée sur le terrain
L’ouverture du score sur penalty de Guivrac’h
Nicolas Anelka
Nicolas Anelka

Compte-rendu (site officiel rennais) :

Contexte et avant-match

Avant cette rencontre, Rennes a réussi un sans faute à domicile, mais n’a pas connu le même succès à l’extérieur. L’équipe dorénavant entraînée par Yves Colleu, pointe de ce fait en dixième position du championnat, avec un bilan plutôt équilibré à la clé. Dans la foulée de son canonnier en chef Stéphane Guivarc’h, auteur de dix buts en treize matches, le Stade rennais souhaite réaliser un gros coup avec la réception du Paris Saint-Germain. Mais le club breton sait très bien que la tâche n’est pas aisée. Cette rencontre constitue d’ailleurs l’affiche de la quatorzième journée de championnat. En effet, les Rennais rêvent d’être les premiers à faire tomber la tête du leader parisien. Après treize journées de championnat, le PSG est en effet toujours invaincu en D1. Les statistiques sont impressionnantes : huit victoires et cinq nuls, pour dix-neuf buts marqués contre quatre encaissés. Avec six points d’avance sur son dauphin royal, le PSG continue à faire figure d’extra-terrestre de la première division. Pourtant, après une défaite en Coupe d’Europe à Istanbul et un match nul face à l’AJ Auxerre, le collectif parisien semble commencer à douter un peu avant son déplacement en terre bretonne. En effet, sa redoutable et réputée défense est particulièrement fragilisée ces derniers temps. En ce sens, le retour dans les buts de Bernard Lama après neuf matches d’absence devrait surement concourir à ressouder la clé de voute du PSG façon Ricardo. Une formation qui enregistre également le retour de Bruno N’Gotty, l’émérite buteur de la finale de Coupe de Coupes face à l’Austria de Vienne la saison passée. Ceci dit, le Paris Saint-Germain débarque à Rennes sur la pointe des pieds, à l’assaut de l’imprenable forteresse du stade de la route de Lorient. En effet, le Stade rennais est alors le leader du classement fictif des équipes à domicile, avec cinq succès et un nul. Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour que le club phare de la Bretagne soit le premier à faire chuter le club de la Capitale. En outre, nombreux sont les spectateurs attendus pour l’occasion. Le PSG et sa pléiade de stars attirant toujours autant les fidèles supporters bretons.

Côté stadiste, l’effervescence est bien présente. En même temps, il s’agit du premier match de Gala du nouvel entraîneur du SRFC, Yves Colleu. À 35 ans et demi, ce Dinardais pur beurre a vécu et appris les bases de son métier, dans le sillage du druide de Kergrist-Moëlou, alias Michel le Milinaire. Et cette saison, l’élève a logiquement pris la place du maître. Il s’exprime d’ailleurs avant la rencontre : « Je vais sans doute vivre un premier grand rendez-vous, mais c’était surtout la première rencontre de la saison à domicile (NDLR : contre Nice) qui était importante. C’était mon premier contact avec le public. Mais nous allons tout de même affronter les vainqueurs de la Coupe d’Europe !. C’est une formation compacte, solide, qui a l’habitude des grands matches ». L’idée d’affronter des joueurs tels que Lama, Raï, Le Guen et consorts ne le laisse pas de marbre, au contraire : « Il s’agit vraiment d’un match intéressant. Le combat nous stimule tous. Le travail préparatoire, dans le domaine psychologique, est beaucoup plus aisé qu’avant une rencontre banale de championnat. les joueurs sont déterminés, la motivation est naturelle et le challenge est captivant » raconte-t-il quelques heures avant ce choc tant attendu. Jeune entraîneur, l’ancien responsable du centre de formation du Stade quimpérois a bien sûr imaginé les répercutions possibles en cas de victoire : « Nous sommes parfaitement conscients qu’un exploit de notre part aurait un énorme retentissement, notamment sur le plan médiatique. Pour nous, ce serait une superbe opération » avant de rajouter : « Nous avons bien entendu disséqué les forces et les éventuelles faiblesses de notre adversaire. Mais le propre des individualités comme en possède le PSG est justement de posséder un talent… imprévisible ». Avant de vivre ses premières grandes émotions sur le banc de touche, l’entraîneur rennais compte sur l’appui du public : « C’est vrai qu’il est parfois froid mais je suis sûr qu’il va nous porter à fond. Il est toujours fidèle aux grands rendez-vous ».

Le déroulement de la rencontre

Le match démarre tambour battant côté breton, avec deux missiles décochés par l’impétueux Patrice Carteron. Puissant et généreux dans l’effort, le défenseur costarmoricain a bien failli faire mouche . À la trentième minute, Vincent Guérin profite d’un mauvais placement de la défense stadiste pour filer vers les buts de Tony Heurtebis. Mais alors que le milieu de terrain parisien s’apprête à frapper, Pierre-Yves André vient annihiler tous ses efforts en lui chipant le ballon dans les pieds. Parti avec dix bons mètres de retard sur l’ex-joueur du Stade brestois, le virevoltant ailier Costarmoricain a produit une accélération dont lui seul a le secret. C’est le premier véritable moment chaud connu par l’arrière-garde rouge et noire. Mais les valeurs bretonnes d’un soir sont bien présentes. Car quelques minutes plus tard, c’est au tour de Stéphane Guivarc’h de se mettre en évidence. En effet, l’attaquant finistérien reprend un ballon de la tête et lance Sylvain Wiltord dans l’axe. Malheureusement, ce dernier perd son tête-à-tête avec l’ancien gardien brestois. Dans la foulée, le jeune milieu de terrain Ousmane Dabo s’essaie à une frappe lointaine, mais son tir est miraculeusement capté par les gants de Bernard Lama. Plus tard, Wiltord tente à nouveau, puis Guivarc’h alors bien servi par André, mais sans plus de réussite. Le Stade rennais a ainsi placé quelques banderilles durant les trente premières minutes de jeu, sans néanmoins réussir à prendre l’avantage au tableau d’affichage. Pourtant, à la vue de la nette domination rennaise, le club breton mériterait d’être devant, tant il a bousculé un PSG loin de respirer la sérénité. Le football tout en mouvement et en rapidité des Bretons, est en train à ce moment-là de prendre le dessus sur une opposition lente et moins homogène que son adversaire d’un soir. Le Stade rennais fait également preuve de combativité et d’agressivité, et prend de plus en plus le pas sur un fade collectif parisien. En manque d’imagination, le club de la Capitale tente pourtant de se frayer un chemin par-dessus l’arrière-garde stadiste, qui diminuée par les absences conjuguées de Saliou Lassissi et de Stéphane Mahé, se montre cependant solidaire et concentrée. Parfois brillants durant les quarante-cinq premières minutes de jeu, les Rennais ne réussissent cependant pas à ouvrir la marque et regagnent les vestiaires sur un score de parité.

Dès la reprise de la seconde mi-temps, l’entraîneur du PSG décide d’injecter du sang neuf dans son compartiment offensif, en lançant dans le grand bain la petite pépite parisienne Nicolas Anelka. Ricardo en profite également pour replacer l’ex-malherbiste Benoît Cauet sur le côté gauche de la défense à la place de Kenedy, qui a été souvent dépassé lors de la première période. Les 20.000 supporters bretons commencent à s’inquiéter et espèrent que leur équipe ne va pas regretter les occasions manquées de la première mi-temps. Cinq minutes plus tard, Anelka récupère le ballon dans l’entrejeu et trouve Patrice Loko en embuscade. L’ancien attaquant nantais adresse alors un tir violent qui s’écrase sur l’arrête des buts de Tony Heurtebis. Les Parisiens ont attaqué la seconde mi-temps pied au plancher. Rennes a frôlé la correctionnelle. Malgré ce premier avertissement sans frais, les protégés d’Yves Colleu ne se crispent pas et repartent de l’avant. Pierre-Yves André alerte ainsi Sylvain Wiltord dans l’espace libre, mais la frappe de l’ancien attaquant de Joinville-le-pont passe à quelques centimètres des buts du portier parisien. Quelques minutes plus tard, André trouve Guivarc’h qui centre en première intention, mais le ballon passe devant la cage de Bernard Lama, sans qu’un seul Rennais n’ait eu le temps de l’intercepter. La rencontre est alors riche et rapide, comme prévu. Les nombreux supporters présents ne sont pas déçus du voyage. Les deux équipes se livrent un combat de tous les instants et récitent leurs partitions à merveille. Le Paris Saint-Germain a de son côté élevé son niveau de jeu, se montrant plus adroit et bien plus déterminé qu’au cours de la première mi-temps. Ce sommet est de grande qualité, pour le plus grand plaisir des 20.000 supporters qui garnissent le stade de la route de Lorient. N’Gotty est ensuite tout près d’ouvrir le score de la tête, à la 65e minute de jeu. Mais les plus beaux moments de cette soirée restent à venir. En effet, le stade explose littéralement de joie quatre minutes plus tard, lorsque sur un service en profondeur du norvégien Kjetil Rekdal, Stéphane Guivarc’h est bousculé par un autre finistérien, en l’occurrence Paul Le Guen. L’avant-centre de Trégunc s’écroule alors dans la surface de réparation parisienne. Monsieur Puyalt l’arbitre de la rencontre n’hésite pas une seule seconde et désigne le point de pénalty. Le meilleur buteur du championnat ne se fait pas prier et transforme la sentence sans trembler. Le Stade rennais prend l’avantage, tandis qu’il ne reste plus qu’une vingtaine de minutes à jouer. Outre l’ouverture du score bretonne, ce but met aussi un terme à la série d’invincibilité de Bernard Lama qui courait depuis 699 minutes. Le dernier rempart parisien cherchait ainsi le ballon au fond de ses filets, et ce pour la première fois de la saison. Mieux, le SRFC est également sur le point d’infliger au PSG sa première défaite lors de l’exercice 1996-1997. Dans la foulée, Cauet se retrouve avec la balle d’égalisation dans les pieds, mais le jeune Tony Heurtebis s’interpose avec brio devant le meilleur joueur parisien de la rencontre. Quelques secondes plus tard, Patrice Loko est sur le point de se présenter seul devant le rempart nazairien, mais est heureusement signalé en position de hors-jeu. Le Paris Saint-Germain a certainement laissé passer sa chance. Et à l’issue d’une très belle phase collective rennaise, Dabo adresse un centre parfait en direction de Stéphane Guivarc’h, qui se charge de placer le ballon au-delà de la ligne, au nez et à la barbe de l’infortuné Lama. Le stade de la route de Lorient est en ébullition, Rennes a fait le break sept minutes avant le terme de la rencontre, grâce au nouveau doublé de son « Tireur de l’Ouest ». Mais Patrice Loko, motivé comme jamais, réussit cependant à réduire le score en fin de match. Peu importe, SRFC est parvenu à battre le Paris Saint-Germain (2-1). Les joueurs bretons peuvent savourer et communier avec leur fidèle public.

La fête a été particulièrement belle sur le rectangle vert. Dans les tribunes aussi, puisque les 19.500 spectateurs présents ont joué leur rôle de « Douzième homme » sans tricher. Le magazine France Football a d’ailleurs apprécié le spectacle à sa juste valeur, délivrant une note finale quasi-parfaite de 16/20. Une note assez rare pour être soulignée. Preuve que le match a flirté avec les sommets. Côté individualité, Stéphane Guivarc’h a terrassé le leader grâce à deux nouvelles réalisations. En charge de remplacer le regretté Marco Grassi sur le front de l’attaque rennaise, le joueur breton prêté par l’AJ Auxerre réalise un fantastique début de saison sous la tunique rouge et noire. En totale confiance sur les bords de la Vilaine, il enfile les buts comme des perles. Un collier composé déjà de douze buts. La dernière victime en date de cette extraordinaire réussite, n’est ni plus ni moins que l’actuel meilleur gardien du monde, imbattable jusqu’alors. Stéphane Guivarc’h a vaincu le signe indien et explique : « Que ce soit lui ou Vincent Fernandez, le problème était le même. Je me trouvais dans l’obligation de marquer » et avoue toutefois qu’au moment de tirer le pénalty : « Je savais où j’allais le tirer. Je les frappe toujours du même côté. Mais cette fois, j’ai enroulé davantage ma frappe. Si j’avais tiré en force, Lama était dessus. N’est-il pas parti du bon côté ? Lemasson (NDLR : gardien de l’AS Cannes) avait lui aussi effectué le bon choix. Les images de Canal + sont décortiquées par les gardiens ». Quelques minutes plus tard, Bernard Lama se retrouve à quatre pattes pour empêcher en vain le ballon de franchir la ligne. Et Stéphane Guivarc’h de commenter : « Il pensait que je ne serai pas parvenu à reprendre le centre d’Ousmane Dabo. Mal stabilisé sur ses appuis, il a glissé lorsqu’il a voulu se relever » et de rajouter : « Avant la rencontre, j’ai lu qu’il ne savait pas où se trouvait le meilleur buteur du championnat. Cela m’a fait rigoler. Je pense qu’il le sait maintenant  ». Échanges de bons procédés entre ex-coéquipiers brestois. Avec douze buts en quatorze rencontres, l’ex-goleador guingampais a retrouvé la joie de jouer, dans un ensemble où il évolue comme un poisson dans l’eau. Il a même déjà atteint le nombre de buts qu’il s’était fixé en début de saison, et souhaite désormais atteindre la barre fatidique des vingt buts. il a également convaincu qu’il avait la pointure pour évoluer au sein de la sacro-sainte élite hexagonale.

Fort de cette étonnante réussite, l’avant-centre rennais peut espérer une première convocation tricolore : « Je n’y pense pas. Je ne veux pas me prendre la tête avec ça. Je joue, je marque, c’est déjà tellement important lors d’une année où il me faut tout démontrer ». De l’eau a coulé sous les ponts brestois, depuis ce jour où le Breton de Trégunc avait été malmené par Patrice Loko, lors d’une ultime rencontre de préparation d’avant-championnat. Cela avait d’ailleurs fini par persuader Slavo Muslin, que le finistérien n’avait pas les qualités nécessaires pour faire un bon latéral. « J’avais pris un bouillon terrible avec l’attaquant nantais » se souvient-il. Brest s’était incliné cinq buts à un, et Stéphane Guivarc’h faisait ainsi ses adieux défensifs. Depuis, il marche sur les traces de son père. Un valeureux buteur, dont le pied gauche faisait le bonheur de son équipe en promotion d’honneur. D’autant que l’avant-centre breton jouit d’une indécente réussite depuis l’ouverture du championnat. En effet, il peut se targuer de disposer de l’une des frappes les plus pures et puissantes du championnat de France. Son pied naturel est le droit, mais il travaille aussi régulièrement son pied gauche, en allongeant ses séances d’entraînements quotidiens de plusieurs minutes. Stéphane Guivarc’h frappe tel un boxeur et ses trajectoires s’apparentent parfois à des uppercuts. Ses tirs sont toujours tendus et ne se dressent que de quelques centimètres : « C’est uniquement une question de travail. Il faut s’attacher à viser le cadre » dit-il. Le corps est bien positionné, légèrement incliné en avant, si bien que le mouvement ressemble à un geste d’école. La réussite appelant la réussite, « Steph » évolue sur un petit nuage breton. Yves Colleu se frotte les mains : « Il répond parfaitement à notre attente ».

En épinglant le Paris Saint-Germain à son tableau de chasse, le Stade rennais a engrangé son dix-neuvième point sur vingt-et-un à domicile. Malheureusement, le SRFC est également le dernier de la classe hors de la route de Lorient. Les Rennais ont en effet le goût des extrêmes. Yves Colleu a d’ailleurs du mal à l’expliquer : « La situation apparaît d’autant plus paradoxale que nous affichons de la solidité sur notre propre terrain. Il faut que nous arrivions à chasser un certain manque de concentration sur des faits de jeu très précis. Notre valeur n’est pas en cause. Au vu de nos dernières prestations à l’extérieur, je suis pourtant persuadé que nous sommes sur le bonne voie. Cela ne devrait pas tarder à déboucher sur un résultat probant » et de surenchérir : « Le fait que nous soyons parvenus à répéter nos gammes devant le PSG frappe davantage les esprits mais ce match s’inscrit dans la continuité. Nous avons démontré que nous pouvions être brillants et vaillants ». Malheureusement, la suite de la saison ne réservera qu’une ribambelle de contre-performances. Le Stade rennais cuvée 1996-1997 obtiendra son maintien parmi l’élite, lors de l’avant-dernière journée de championnat seulement. Yves Colleu sera finalement remplacé par Guy David, et Stéphane Guivarc’h retournera sur les bords de l’Yonne, avec la réussite que l’on connaît.


Le stade :

Le stade de la Route de Lorient
Le stade de la Route de Lorient

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