PSG – Metz 3-0, 21/09/91, Division 1 91-92

Laurent Fournier, encore lui, échappe à un Messin

Samedi 21.09.1991, Championnat de France, Division 1, 11e journée (3e place) à Paris, au Parc des Princes :
PARIS ST-GERMAIN F.C. – F.C. METZ  3:0 (2:0)
– 33 494 spectateurs. Buts : Antoine Kombouaré, 27′, Daniel Bravo, 31′ ; Christian Pérez, 53′.
L’Équipe du PSG : Joёl Bats – Antoine Kombouaré, Ricardo Gomes, Geraldão Pereira, Pierre Reynaud – Laurent Fournier (Francis Llacer, 80′), Bruno Germain, Paul Le Guen (Oumar Sène, 80′), Valdo Filho – Daniel Bravo, Christian Pérez. Entraîneur : Artur Jorge.
Avertissement à Daniel Bravo.


Maillot utilisé :

Maillot domicile 1991-92 (collection MaillotsPSG)
Maillot domicile 1991-92 (collection MaillotsPSG)

Billet :

(collection La Mémoire du PSG)
(collection La Mémoire du PSG)

Programme :

(collection La Mémoire du PSG)
(collection La Mémoire du PSG)

Photos du match :

Kombouaré félicité par Germain et Ricardo
Kombouaré félicité par Germain et Ricardo
Laurent Fournier (Ch. Gavelle)
Laurent Fournier (Ch. Gavelle)
Daniel Bravo entre deux Messins
Daniel Bravo entre deux Messins
Valdo en action
Valdo en action
A nouveau Laurent Fournier
A nouveau Laurent Fournier
Daniel Bravo tenant de s'interposer devant Kubik, sous le regard de Paul Le Guen, expert en la matière
Daniel Bravo tenant de s’interposer devant Kubik, sous le regard de Paul Le Guen, expert en la matière
La joie de Christian Perez et de Daniel Bravo
La joie de Christian Perez et de Daniel Bravo
Laurent Fournier, encore lui, échappe à un Messin
Laurent Fournier, encore lui, échappe à un Messin
La première partie du tifo du Kop...
La première partie du tifo du Kop…
Encore le Kop
… et la seconde!
Les fumigènes...
Les fumigènes…

Compte-rendu (France-Football) :

Entre l’équipe d’Artur Jorge et son public, le message passe aujourd’hui en clair et sans décodeur. N’est-ce pas, à ce jour, la plus belle victoire du nouveau P-SG ?

Le football est devenu mystère. Mystère et boules de gomme. Il fait ses choux gras de presque rien, et ce qui n’était hier encore que banalité — un dribble, une amortie, un contrôle orienté, voire une passe… Si, si une passe ! — est aujourd’hui objet d’art, marqué du sceau de la créativité. C’est, nous dit-on, le pouvoir de l’imagination que de conduire ainsi tout droit à l’émotion.

Et si, avec un peu de chance, on passe par la case départ, on gagne : 1-0 ou 3.0, c’est tout comme !

A force de se contenter de ce que l’on n’a pas, de se fermer volontairement les portes du rêve en se regardant le nombril, la lame de fond réaliste qui fait du foot un produit et non plus un spectacle finira bien par nous emporter un jour. Mais nous ne sommes pas pressés…

Ça surfe sur la nouvelle vague !

Cette entrée en matière ne s’adresse évidemment pas au P-SG new-look, toujours invaincu. Car il faudrait témoigner d’une sacrée mauvaise foi pour ne pas applaudir des deux mains à la métamorphose du caméléon qui change de couleur plus vite encore que Denisot de costume. Pas possible ? C’est à voir…

Métamorphose, en effet. Car alors que Metz prouva, s’il en était besoin, que les amours de vacances sont sans lendemain comme l’avait si bien croqué Reiser, voilà quelques années, le P-SG, lui, apparaît enfin capable de ressembler à ce qu’il veut être. C’est déjà ça.

De l’avis général et de quelques autres en particulier, l’équipe d’Artur Jorge a disputé, samedi, son meilleur match de la saison, devant une fantomatique formation messine, avec une quatrième victoire d’affilée à la clé et 396 minutes d’invincibilité pour « Tarzan » Bats. Vive les stats !

De l’avis général- et de quelques autres autorisés, le P-SG est en progrès. Il surfe, aujourd’hui, sur sa nouvelle vague au lieu d’y ramer à contre-courant comme depuis l’ouverture. C’est tellement mieux et surtout beaucoup plus efficace ! Bien sûr, il n’y a pas que des Perez dans cette équipe-là, mais à défaut que tout le monde puisse avoir des idées il y en a une à laquelle tout le monde, sans exception, adhère. Ou se raccroche, c’est selon. C’est là toute la différence avec l’équipe frileuse du début de saison. Jorge, évidemment, a parlé du travail et de ses fruits, jusqu’alors défendus, faute de temps. Il a même_ dit qu’il se répétait. On se serait cru revenu au bon vieux temps du Matra… Mauvais exemple !

« Si on oublie les toutes dernières minutes, ce fut un beau match. Un match très positif, joué devant une bonne équipe. Je suis content. On améliore encore et toujours, car, aujourd’hui, les moyens sont différents. Si, physiquement, je l’ai toujours dit, vous n’êtes pas au point, tactiquement vous ne pouvez l’être. A l’intérieur même du groupe, le déséquilibre est moindre. Ce soir, tout le monde a plus ou moins accompli la même somme de travail !»

Bien campé derrière sa moustache, Artur la joue serein. Les résultats lui donnent raison. Il le sait et n’en rajoute pas.

C’est vrai qu’il n’y a plus rien à voir entre ce P-SG-là, conqtiérant, et ses prédécesseurs. Et, d’après Denisot, nous n’avons encore rien vu. «Ce fut le meilleur match de la saison. 3-0 et devant onze adversaires », avait-il lâché malicieusement en préambule avant d’affirmer : «Nous ne sommes qu’à 75 % de nos possibilités et continuons à progresser d’autant que le travail va de pair avec le plaisir, même si la rigueur est toujours présente.

« Et devant onze adversaires !»

Aujourd’hui, il n’y a plus aucun blessé au club. Artur Jorge n’aura que l’embarras du choix, mais c’est un embarras beaucoup moins gênant qu’un autre pour un entraîneur… Sinon, mieux vaut qu’il change de métier ! »

Le Portugais n’en a sans doute pas envie. Pas avant, en tout cas, d’avoir atteint le rendement maximal : « 100 %, je ne sais pas si nous y arriverons un jour, mais si ça doit se faire, ce sera après la trêve. »

Autant dire que le président délégué y croit même s’il s’empressa d’ajouter : « Attention ! Il n’est pas question de s’enflammer, nous n’en sommes qu’à la onzième journée ! » Onze journée sans défaite pour le P-SG, bien accroché au rêve européen, à la troisième place derrière Monaco et Marseille, les grands frères. Paris bien au chaud, à l’abri. Mais au-delà des retombées au classement, au-delà même de la qualité du jeu, il semble bien que le Paris nouvelle formule ait déjà gagné. Depuis trop longtemps codé, le message en clair et sans décodeur passe aujourd’hui entre l’équipe et ses supporters. C’est certainement, à ce jour, la plus grande victoire des gens de la capitale. Leur plus grand mérite aussi.

Denisot-Brochand en doublette et au parloir : « Jamais vu un public comme ça ! Ça veut dire que quelque chose se passe. Le P-SG plaît ! » Un peu, quand il faut soixante et onze minutes au kop de Boulogne pour arracher une ola à tout le Parc, beaucoup quand les olé ! montent de l’arène comme un cri du coeur, passionnément quand on se croirait au Vélodrome et que la pelouse est envahie, à la folie quand des supporters zélés mettent le feu aux sièges. Pour le plaisir. Bête et méchant. Passsons.

« Jamais vu ça… même l’année du titre ! »

« Au club, reprend le présentateur vedette, tout le monde souhaitait que le public s’engage à fond derrière nous. Nous sommes comblés. Un tel soutien, j’en ai discuté avec ceux qui étaient déjà là à l’époque, est beaucoup plus fort que l’année du titre. Mais le plus important, c’est que le public supporte l’équipe telle qu’elle est. Besogneuse au début de saison, mais se donnant toujours à fond quatre-vingt-dix minutes durant, et ça le public le ressent. »

Le Parc en folie. Comme au soir du succès de la France sur la Tchécoslovaquie. Le Parc qui vit, revit jusqu’à l’excès.

«Tous les joueurs m’ont demandé de remercier notre public, a précisé Jorge. Ce public qui nous a compris. C’est très important pour le P-SG et cela veut dire que les spectateurs suivent leur équipe à condition qu’elle en vaille la peine. Comme à Milan, Benfica ou Barcelone, le public existe à Paris… »

« La plus belle des récompenses… »

Il fallait juste lui donner des raisons de s’enflammer. Samedi, le Paris-SG a donc mis le feu au Parc au figuré et… même au propre. « Pour nous, les joueurs, se félicite Paul Le Guen, c’est la plus belle des récompenses. Mais on la sentait venir. Même dans les moments difficiles, même quand nous n’étions pas très bons, nos supporters étaient avec nous. Ils avaient compris que nous n’en étions qu’au début, qu’il fallait nous laisser le temps de progresser… Et ce soir, ce ne sont pas seulement les encouragements qu’il faut retenir mais l’ambiance générale… C’est vraiment super de jouer dans un stade comme ça ! »

C’est ce que les Marseillais répètent depuis longtemps. C’est ce que les Monégasques ne connaîtront jamais. Dommage ! Paris s’est donc offert un public. Des supporters et une ambiance. Le kop de Boulogne n’est plus seul à croire que « notre histoire deviendra légende »… Samedi, ils étaient près de quarante mille à s’en être persuadés. Pour un match de Championnat presque ordinaire. On salive à l’idée que Marseille passera demain par le Parc…


Le stade :

Le parc des Princes
Le parc des Princes

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