PSG – Tours 0-0 (2-1 tab), 11/05/82, Coupe de France 81-82

A l’image de Mustapha Dahleb devancé, les parisiens ne pourront faire la décision dans le temps reglementaire

Mardi 11.05.1982, Coupe de France, demi-finale à Rennes, au Stade de la Route de Lorient :
PARIS SAINT-GERMAIN F.C. – F.C. TOURS  0:0  après prolongations (0:0, 0:0)
2 tirs au but à 1 pour le Paris Saint-Germain FC
– 22 350 spectateurs.
L’Équipe du PSG : Dominique Baratelli – Luis Fernandez, Jean-Marc Pilorget, Dominique Bathenay, Philippe Col (Éric Renaut, 118′) – Jean-Claude Lemoult, Saar Boubacar, Mustapha Dahleb – Nambatingue Toko (Michel N’Gom, 115′), Dominique Rocheteau, Ivica Šurjak. Entraîneur : Georges Peyroche.


Maillot utilisé (en version « été », à manches courtes et col échancré, avec les logos et sponsors en taille compétitions nationales) :

Troisième maillot 1982-83
Troisième maillot 1981-82

Billet :

8182_PSG_Tours_CdF_billet


Photos du match :

Dominique Rocheteau devance le tourangeau Brulez
Dominique Rocheteau devance le tourangeau Brulez
Saar Boubacar et Nambatinque Toko à la lutte avec le même Brulez
Saar Boubacar et Nambatingue Toko à la lutte avec le même Brulez
Tentative d'Ivica Surjak
Sortie de Desrousseaux dans les pieds d’Ivica Surjak
Sortie de Dominique Baratelli dans les pieds d'un tourangeau
Dominique Baratelli s’empare d’un ballon convoité par un tourangeau
A l’image de Mustapha Dahleb devancé, les parisiens ne pourront faire la décision dans le temps reglementaire
A l’image de Mustapha Dahleb devancé, les parisiens ne pourront faire la décision dans le temps reglementaire
Dominique Baratelli, le héros de la séance des tirs au but
Dominique Baratelli, le héros de la séance des tirs au but, part du bon côté sur le tir de Onnis…
La joie de Baratelli
… et laisse éclater sa joie
Les parisiens sont qualifiés pour leur première finale de Coupe de France!
Le PSG est qualifié pour sa première finale de Coupe de France!
Le portier parisien porté en triomphe
Le gardien parisien porté en triomphe

Vidéo :


Compte-rendu (L’Equipe) :

Quel bon suspense, M. Hitchcock…

Une chose est sûre, le 11 mai 1982 restera gravé dans les coeurs et dans les esprits parisiens. Incontestablement, voilà une date qui viendra en bonne place dans l’histoire du Paris-Saint-Germain et fera oublier celle d’un soir de Coupe 1975 lorsque ce même club avait échoué d’un souffle contre Lens, à Reims, à ce même stade de la compétition.

Dommage que tout cela se soit déroulé sur une pelouse malheureuse au possible d’être une nouvelle fois sollicitée, cette saison, alors qu’elle ne demandait en réalité qu’a se reposer. Il fallait voir la mine des Bathenay, et autres Onnis, lorsqu’ils ont pointé leur nez, une heure avant que M. Delmer ne donne son premier coup de sifflet, pour « sentir l’ambiance du stade de la Route de Lorient ». A croire que la commission des terrains de Coupe de France ne s’était pas rendue à Rennes ! Une espèce de tôle ondulée améliorée que l’on aurait recouverte tout simplement d’une bonne couche d’herbe bien verte. Un point, c’est tout. Pas terrible, vraiment, pour un tel rendez-vous.

Et dans un tel contexte, il n’était pas question d’avancer que telle équipe plutôt que l’autre y trouverait son compte. Ce n’est pas vrai. Les premières minutes de la rencontre étaient là pour eu témoigner. Dahleb d’abord, Maroc ensuite, étaient les premières victimes des caprices de ce terrain ; mais tout devait assez vite rentrer dans l’ordre.

La solidité de Desrousseaux

L’estomac encore un peu noué, les jambes légèrement flageolantes, les deux équipes s’attachaient alors à se décrisper. Pas facile lorsqu’il y a une finale de Coupe de France au bout de la course.

Et l’on notait alors une certaine similitude, non seulement dans le comportement, mais aussi dans les actions génératrices d’occasions de but. Au tir rasant de Dehon (6e) répondait une tête également rasante de Rocheteau (8e). Une reprise de volée de Dehon (14e) était aussitôt suivie d’une percée de Fernandez, ponctuée d’un essai qui filait puissamment au-dessus de la transversale tourangelle (16e).

Aucun rapport en tout cas avec ce qui s’était passé quatre jours plus tôt au Parc des Princes entre ces deux équipes pour le compte de la dernière journée de Championnat. Vendredi dernier, on laissait faire. Hier soir, pas question de céder un pouce de terrain. c’est fou comment chaque centimètre carré de cette pelouse était occupé, pressé comme un citron, jusqu’à ce que plus aucune solution ne soit vraiment exploitable.

A ce jeu, le Paris-Saint-Germain se montrait le plus vorace, le plus prompt à tirer le meilleur parti de toutes les situations créées. Comme Fernandez, par exemple, qui s’arrachait véritablement de sa portion de terrain, dribblait un, deux adversaires, lançait Surjak qui s’enfuyait à toute pompe. Mais Desrousseaux parvenait à devancer le tir du Yougoslave (20′).

Tours, lui, comme il l’avait laissé entendre, préférait voir venir, s’offrant ainsi volontairement à la domination de l’adversaire. Devillechabrolle avait beau piquer quelques sprints le long de sa ligne de touche, cela ne pouvait être suffisant d’autant que Fernandez surveillait parfaitement son bonhomme.

Le salut pour le PSG viendrait-il alors d’un coup franc magique de Surjak ? Possible. Mais pas en tout cas à la 36e minute, Desrousseaux bloquant parfaitement le ballon rasant du numéro dix parisien. Le gardien tourangeau devait, une poignée de minutes plus tard, faire comprendre qu’il faudrait être sacrément fort en cette soirée bretonne pour lui faire la peau. Sur un débordement de Toko, ponctué d’un tir d’une violence inouïe, il parvenait du poing à
éloigner le danger (40e). Tours en cette fin de première mi-temps filait vraiment un mauvais coton.

Ils tiraient vraiment la langue, les joueurs du Hollandais Hollink. Astuce ? Pas à exclure. D’autant que le père Onnis, après quarante-cinq minutes, ne s’était toujours pas manifesté. Vous me direz que le bonhomme est coutumier de ce genre de performances pour mieux porter l’estocade fatale. C’est vrai. En tout cas, l’équipe parisienne poursuivait dans la voie qui était la sienne depuis le début. A savoir que c’était elle qui continuait à assurer l’essentiel, à supporter le poids de la rencontre, Tours se contentant d’expédier les affaires courantes.

Il s’en fallait d’un souffle (52e) pour que Boubacar, après un gros boulot de Rocheteau, ne donne à son président Francis Borelli ses premières palpitations. Mais une nouvelle fois, Desrousseaux faisait office d’un véritable mur sur lequel le ballon rebondissait, sans l’égratigner pour autant. A ses qualités de solidité, le gardien tourangeau ajoutait des qualités de courage et de témérité, en plongeant… la tête la première dans les pieds de Toko (57e).

Et Lemoult, cet avaleur de kilomètres, continuait à se démener comme aux premiers instants, plus peut-être. Tous les ballons perdus par les Rouges de Paris revenaient invariablement comme par miracle dans ses pieds. On le savait, le gars a du souffle. Et de ce point de vue, il ne nous étonnait pas. C’est lui, à la 62e minute, qui chipait une balle à Maroc et lançait aussitôt Toko. lequel offrait à Rocheteau l’occasion d’un tir à mi-hauteur que Desrousseaux renvoyait dans les pieds de Surjak. Ce dernier, le temps de se retourner, envoyait une balle, hélas ! trop molle pour que Steck et les siens ne soient vraiment inquiétés.

En revanche, cinq minutes plus tard, on ne jurerait pas que Rocheteau, descendu proprement en pleine surface de réparation par Simonclin, n’aurait pas mérité « son » penalty. Affaire d’appréciation. Toujours est-il que l’avant-centre de la capitale pouvait repasser, et voyez comme tout cela est bizarre, puisque trente secondes après Devillechabrolle échouait d’un poil devant Baratelli.

Tout cela devenait vraiment insoutenable tellement la maladresse ou la malchance de l’un était aussitôt exploitée par l’autre. On avait à peine le temps de se demander comment Toko avait pu rater un centre de Surjak (79e), que Dehon répliquait tout aussi dangereusement (80e).

Décidément, les prolongations ne seraient pas de trop pour avoir raison de l’un ou de l’autre. Avec, s’il le fallait, des séries de tirs au but, toujours cruelles, mais ô combien décisives, elles.

Les Parisiens entamaient donc leur troisième prolongation de la saison, avec toujours la même foi, la même certitude, le même dynamisme. Mais à l’image de tout le reste, tous ces efforts étaient vains. Les coups francs de maître Surjak n’étaient toujours pas dans le cadre. Et Devillechabrolle ne parvenait pas non plus à semer le doute dans la défense parisienne. Tout juste la perturbation (102e).

Mais déjà, il était évident que l’on n’échapperait pas à cette fameuse séance de penalties même si Rocheteau (111e) donnait des frissons à Desrousseaux même, si Maroc en faisait tout autant à Baratelli (115e). Les préposés aux tirs au but pouvaient commencer à astiquer leurs chaussures. Apparemment, Steck, Marais, Devillechabrolle et Onnis devaient s’être montrés les moins intentionnés à cette opération, puisqu’ils rataient tous les quatre leur essai. Longtemps, très longtemps, ils s’en mordraient les doigts.

Les joueurs :

La grande soirée de Baratelli

Jean-Marc Desrousseaux aura peut-être été l’homme du FC Tours, l’homme du match tout simplement. mais c’est son homologue gardien de but, Dominique Baratelli, qui est devenu hier soir l’artisan numéro un de la qualification du Paris-Saint-Germain pour la finale de la Coupe de France… à l’heure des coups de pieds au but.

Série de penalties provoquée parce que personne n’était parvenu jusqu’à cet instant à se dépêtrer de son vis-à-vis. à faire la loi pour le compte de son équipe.

Avant tout cela, du côté de Georges Peyroche, l’entraîneur parisien craignait que ses joueurs soient envahis par la « mauvaise peur » celle qui face a l’enjeu paralyse les membres. De l’autre Hendrikus Hollink, entraîneur tourangeau, avait clairement annoncé que « vigilance » serait le mot d’ordre. Ou il voulait le faire croire en renforant son milieu de terrain, y incorporant Princet et Dehon. celui-là en faux ailier gauche en vérité.

A la vue du match, d’un vrai match de Coupe, va-t-on encore dire ces formules se sont matérialisées?

Fébrilité parisienne contre prudence tourangelle, une telle recette ne pouvait qu’offrir une rencontre heurtée, acharnée et dure où le football posé n’était distillé qu’au compte-gouttes… Sans doute, le spectacle était heureusement remplacé par une ambiance survoltée et par un engagement de tous les instants. Le charme d’une demi-finale de Coupe…

Paris, comme toujours alignait une formation en 4-4-2 classique, Surjak et Dahleb faisant office de quatrième milieu le plus souvent. Sur le terrain hélas bosselé et indigne d’un tel rendez-vous, d’où la qualité plutôt moyenne de l’affronrement, on assista à quelques duels fort disputes sur de petites portions de terrain. Chaque formation tentant de laisser le moins de champ possible à son adversaire jusqu’à ce qu’elle se libère un peu plus en fin de rencontre à l’instant de provoquer la décision.

Mais, comme on l’a dit, les Parisiens se montrèrent le plus souvent fébriles, les deux camps faisant preuve d’une excessive prudence défensive, ce qui ne favorisait ni le soutien des attaquants de pointe (ROCHETEAU, TOKO, d’un côté, ONNIS, DEVILLECHABROLLE, de l’autre) ni la relance du jeu.

Bref, dans tout cela les meilleures occasions de but provinrent encore de contre-attaques dont on sait qu’elles sont l’arme forte de ses deux formations. Mais pour les besoins de la cause Tours semblait avoir un peu sacrifié son potentiel dans ce domaine et les Parisiens parurent longtemps gênés par l’étroite dimension du terrain, remarque évidente pour des garçons comme TOKO, ROCHETEAU ou SURJAK, jamais plus à l’aise quand il faut s’engager dans des espaces larges.

En fin de rencontre, et durant les prolongations, toutes ces données se trouvèrent réduites à néant, remplacées par l’enthousiasme, chacun lançant, comme il le pouvait, ses dernières forces dans la bataille.

Dans l’équipe du Paris-Saint-Germain Dominique BARATELLI n’a vraiment pas grand-chose à se reprocher et pour cause, il n’eut que très peu de travail à effectuer mais réussit cependant de bons services en fin de rencontre.

Du côté de la défense, c’est assurément Luis FERNANDEZ qui fit la meilleure impression. Il fut d’ailleurs sans doute la grosse satisfaction parisienne de la soirée. Libéré du marquage étroit d’un attaquant tourangeau, il effectua un match plein d’intelligence, quadrillant très bien le terrain, orientant même le jeu en première mi-temps, accompagnant même souvent Pilorget dans son duel avec Dello Onnis.

PILORGET justement est à créditer d’une bonne sortie, en le serrant de très près, il réussit très bien à maintenir le redoutable buteur.

Dominique BATHENAY, pour sa part, a effectué un bon travail défensif, parvenant souvent à boucher les « trous », mais il a peut-être un peu trop hésité à prendre ses risques offensifs.

Enfin, COL a confirmé sa progression. Il parait désormais beaucoup plus sûr de lui, même s’il éprouva quelques difficultés face à la vitesse de Devillechabrolle.

En milieu de terrain, Jean-Claude LEMOULT bien entendu a effectué sa part de travail. C’est bien le moins que l’on puisse dire. S’il éprouva quelquefois des difficultés dans la surveillance de Maroc, le stratège adverse, il effectua un travail défensif et de ratissage gigantesque, comme il en a l’habitude.

En revanche, il semble que ce n’était pas un match pour Mustapha DAHLEB, qui éprouva beaucoup de peine à trouver la bonne distance
en première mi-temps, d’autant qu’il était serré de très prés. Il se réveilla un peu en seconde mi-temps et distribua de bonnes balles.

Enfin BOUBACAR, le plus offensif, alterna le bon et le moins bon.

En attaque, pour finir, du côté parisien, c’est SURJAK, tantôt au milieu, tantôt sur les ailes, qui se montra le plus dangereux pour la défense tourangelle, par sa vitesse de course.

TOKO comme souvent hélas ! termina assez mal ses actions tandis que ROCHETEAU parut un peu court physiquement. En plusieurs occasions, il lui manqua un dixième de seconde.

Du côté du FC Tours, le gardien DESROUSSEAUX a réussi des prouesses face aux attaquants parisiens. Aussi bien dans les sorties aériennes, que dans les sorties au sol, et les arrêts sur la ligne. Il fut sans conteste le numéro un de son équipe.

La défense tourangelle, elle. a paru beaucoup plus sûre que lors des dernières rencontres et notamment le match du Parc vendredi dernier. Cette fois-ci, les arrières centraux STECK, libero, et BRULEZ, stoppeur, se sont parfaitement entendus et ce dernier a d’ailleurs contenu de façon tout à fait correcte Dominique Rocheteau.

MARAIS et SIMONDI ont été un peu moins en vue. Il est vrai qu’ils devaient faire preuve de beaucoup de prudence face aux attaques pari-siennes, notamment Simondi face à Surjak.

Au milieu du terrain, c’est assurément MAROC qui a produit la meilleure impression dans le rôle qu’on lui connaît, celui d’un organisateur, d’un meneur de jeu, d’un créateur.

Derrière lui, PRINCET a très bien effectué le travail qu’on lui avait demandé, couvrant beau-coup de terrain devant sa défense.

Par contre, Guy LACOMBE a été nettement en dessous de ses possibilités.

Enfin, l’attaque tourangelle a un peu déçu, DEHON se contentant de soutenir son milieu de terrain et s’incorporant assez rarement aux offensives de son équipe.

ONNIS étant fort bien maîtrisé, cette fois-ci, par Jean-Marc Pilorget et DEVILLECHABROLLE usant seulement de sa vitesse de course, sans trop de réussite face au but. Il est vrai que Tours ne pouvait pas à la fois jouer la prudence et l’attaque.

 


Le stade :

Le Parc des Sports de la Route de Lorient
Le Parc des Sports de la Route de Lorient

Note :

Un grand merci à Philippe, présent à Rennes ce jour là, de m’avoir confié ses archives!


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Une réflexion au sujet de « PSG – Tours 0-0 (2-1 tab), 11/05/82, Coupe de France 81-82 »

  1. Que de souvenir !
    Un grand nombre de Parisiens s’était déplacé (2 à 3000 de mémoire !), l’aller, comme le retour par le train furent trés …sympa avec les premières négos pour obtenir les places pour la finale Vs Sainté.
    Je fais partie de ceux qui se sont installés en tribune centrale, pardon encore à ceux à qui nous avions « soustrait » les places, mais le parcage Parisien était trop bondé. !…
    C’était l’époque ou les déplacements étaient organisés par « le Club des Amis…) dont le siège était à Franklin-Roosevelt.

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