PSG – Sochaux 1-0, 13/11/71, Division 1 71-72

Léonetti face à deux sochaliens (archives MK)

Samedi 13.11.1971, Championnat de France, Division 1, 14e journée (10e place) à Saint-Ouen, au Stade de Paris (Bauer) :
PARIS ST-GERMAIN F.C. – F.C. SOCHAUX-MONTBÉLIARD  1:0 (1:0)
– 10 178 spectateurs. But : Bernard Béreau, 37′. Arbitre : M. Héliès.
L’équipe du PSG : Guy Delhumeau – Jean Djorkaeff, Daniel Solas, Roland Mitoraj (Jean-Louis Brost, 60′), Jean-Paul Rostagni – Jean-Louis Léonetti, Claude Arribas – Bernard Béreau, Michel Prost, Bernard Guignedoux, Gérard Hallet. Entraîneur : Pierre Phélipon.
L’équipe de Sochaux : Battmann – Largouet, Seleš, Burkle, Wassmer – Watteau, Melic – Lech, Maier, Piat, Lechantre. Entraîneur : Barret.


Maillot utilisé :

Réédition maillot domicile 1970-72, version hiver, collection http://maillotspsg.wordpress.com
Réédition maillot domicile 1970-72, version hiver (collection MaillotsPSG)

Photos du match :

Percée de Jean-Louis Léonetti
Percée de Jean-Louis Léonetti
Jean-Louis Léonetti face à deux sochaliens (archives MK)
Le même Léonetti face à deux sochaliens (archives MK)

Compte-rendu (France Football) :

SOCHAUX victime du « complexe de Paris »

« Vous n’avez pas vu le grand Sochaux et j’en suis désolé. Si nous avions toujours joué ainsi, vous vous doutez bien que jamais nous ne serions parvenus à occuper, au moins pour un temps la place de leader. »

Ainsi s’exprimait Paul Barret l’entraîneur sochalien à la suite de ce match perdu devant Paris-S. G. (1-0) au cours duquel ses fameux « lions » n’avaient guère sorti leurs griffes.

Il est curieux de constater – et l’histoire des vingt dernières années tend à le démontrer – que Paris ne réussit pas à Sochaux et Sochaux lui-même n’apparait pas comme l’équipe des grands rendez-vous. En 1959 et 1961, les Francs-Comtois sont parvenus deux fois en finale de coupe contre Le Havre d’abord – une équipe de Division II leader soit, mais équipe de Division II tout de même – contre Lyon ensuite. Les deux fois Sochaux était favori, let, deux fois il a laissé passer l’occasion. Devant Le Havre sur un coup litigieux lors du premier match – car il y en eut deux – devant Lyon, le plus régulièrement du monde !

En arrivant à Saint-Ouen où le public – peut-être effrayé par la pluie – n’avait pas tellement répondu (guère plus de 10.000 spectateurs), chacun savait qu’il ne trouverait pas en Sochaux une equipe aussi solide, aussi rigoureuse, aussi briIiante que l’O.M. sait l’être parfois ; chacun savait aussi que cette formation franc-comtoise ne posséde pas le fond de jeu et la très haute qualité d’un Saint-Etienne do minant le championnat ces quatre dernières années ; mais chacun espérait trouver l’application, la vivacité, le fini qui avait caractérisé le Nantes de 64 à 67. Rien de tout cela n’est apparu sauf en de trop rares instants.

Tout d’abord, le complexe de Paris aidant et pendant que le P.S.G. « sonnait la charge » à son habitude, essayant d’étouffer l’adversaire d’entrée. Sochaux se tint sur une prudente réserve, les dribbles de Maier, les mouvements à deux Lech-Watteau ou Lech-Melic ou à trois et plus linéaires, plus tranchants. Seles-Piat-Lechantre, venant seuls apporter une diversion et inquiéter la défense adverse.

Au moment où Sochaux semblait vouloir se mieux exprimer, essayait de poser son jeu, il encaissa un but assez heureux pour le Paris S.-G., assez malheureux pour lui, sur une longue balle consécutive à un coup franc (37′). Sochaux qui joue comme presque toutes les équipes maintenant, avec le quatrième arrière, Burckté, en légère couverture, mais n’hésitant pas à s’aligner pour remonter le terrain ou mettre l’adversaire hors-jeu, Battmann a tendance à jouer loin de ses buts. On le vit même intercepter un ballon avec le pied bien au-delà de sa surface et rentrer dans celle-cl pour dégager à la main. Toujours est-il que sur cette balle d’apparence anodine, il se trouva en quelque sorte en fausse position et fut trompé par la longueur de la balle et la vitesse de Béreau.

Le leader du moment eut une saine réaction, mais celle-ci ne fut ni convaincante – aucun but – ni bien longue puisqu’elle ne dépassa guère la 55′ ou la 60′ minute. Peut-être parce qu’un Watteau, un Piat, un Lechantre (tir sur le montant) manquèrent d’un rien sur quelques balles excellentes d’un Georges Lech ; mais surtout parce que le milieu de terrain sochalien ne parvint jamais à poser son jeu.

Lech se plaignait d’avoir les mollets durs avant le match. Ses adversaires eurent peut-être connaissance de cette nouvelle et – lui voulant du bien – s’acharnèrent à lui donner quelques coups de pieds sur les mollets voire sur le tibia. Après la rencontre, il exhibait une jambe bleuie et griffée et piquait une sainte colère contre les auteurs de ces a-tions illicites et pas toujours réprimées comme il se devait. M. Heliès fit pourtant un bon arbitrage mais s’il adressa un avertissement à Prost, ce ne fut pas le plus fautif qui fut ainsi puni.

Quant au Paris-S.G., s’il obtint un but heureux, il mérita largement sa victoire : si Battmann « n’est pas blanc » sur le but, il en sauva d’autres et fut lui aussi sauvé une fois par son poteau. Solas et Delhumeau apportèrent une grande sécurité en défense centrale, tandis que sous la baguette d’un Guignedoux intelligent et omniprésent, Prost et Hallet semèrent souvent le trouble dans le défense sochelienne. Quant à Ros-tagni, il fit une rentrée satisfaisante après cinq semaines d’inaction il ne se plaignit jamais de son épaule malgré un dur contact avec le sol en début de partie. Par opposition, Prost que l’on avait vu venir, bras gauche pendant, se faire soigner au bord de la touche, il souffrait en fin de match d’une paralysie partielle de la main : dans une chute sur le coude, un nerf avait été touché. Et comme Mitoraj avait dû quitter le terrain (52′) à la suite d’une petite entorse au genou, Il est difficile de dire que le P.S.G. fut servi per la chance.

Dans les tribunes, il y avait deux observateurs marseillais, Marcel Leclerc et Mario Zatelli : c’est que Sochaux doit jouer au stade vélodrome dimanche prochain. Le match terminé, le président dit à son entraîneur : « Nous n’avons pas vu grand-chose. Si j’avais su je vous aurais laissé dans votre lit ! »

Apprenant la présence des deux Marseillais, Paul Barret déclara de son côté, avec humour : « Nous les avons bien trompés : nous avons caché notre jeu « .

Pour savoir exactement ce qu’il en est, rendez vous dimanche.


Le stade :

Vue aérienne du stade de Paris à Saint-Ouen
Vue aérienne du stade de Paris à Saint-Ouen

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